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Les femmes sont-elles de meilleures leaders?

Cette semaine, l’idée selon laquelle s’il existait plus de femmes leaders, les États auraient moins de velléités à entrer en guerre pour défendre leurs intérêts commerciaux et stratégiques, a pu trouver un certain écho.

En cette journée du 8 mars, posons-nous la question : les femmes sont-elles nécessairement de meilleures leaders ?

Au niveau étatique, on peut observer que les quelques femmes ayant réussi à exercer les plus hautes fonctions se sont inscrites dans les codes masculins de l’exercice du pouvoir de leur époque : brutalité, violence, répression et tyrannie ont marqué leurs règnes.

Citons entre autres Wu Zetian, unique impératrice régnante de l'histoire chinoise qui fit exécuter des membres de sa propre famille, des nobles et des fonctionnaires suspectés de trahison. Sa police secrète semait la terreur et elle n'hésita pas à faire torturer et mutiler ses opposants.

Isabelle  1ère de Castille fut la cofondatrice de l'Inquisition espagnole avec son mari Ferdinand. Des milliers de Juifs et de musulmans furent expulsés, torturés ou brûlés vifs sous son règne. Elle finança aussi la colonisation des Amériques avec ses violences fondatrices.

Marie 1ère d'Angleterre, fut surnommée "Bloody Mary" car elle fit brûler sur le bûcher près de 300 protestants pour restaurer le catholicisme.

Isabel Perón laissa opérer la Triple A (Alliance anticommuniste argentine), un escadron de la mort responsable de centaines d'assassinats politiques.

Les femmes leaders, comme les hommes, ont donc leurs zones de lumière et d’ombre. 

Certaines ont ainsi exercé le pouvoir de façon ambiguë : à la fois visionnaires et compétentes mais aussi autoritaires et clivantes, elles ont parfois céder à la corruption.

Ainsi, Margaret Thatcher de sa main de fer, fut l’artisane du redressement économique du Royaune-Uni tout en détruisant le tissu social et en creusant les inégalités sociales de manière durable.

Indira Gandhi, génie politique indéniable, fut prête à sacrifier  les libertés des opposants, des femmes et des sikhs.

Catherine II de Russie  fur l’artisane de la modernisation éclairée de la Russie, mais aussi l’instigatrice du renforcement du sevrage et de répressions politiques sanglantes.

Plus récemment, Aung San Suu Kyi, prix Nobel de la paix et symbole de la résistance non violente, a passé sous silence le génocide des Rohingyas lors de son arrivé au pouvoir.

Et que dire de Benazir Bhutto au Pakistan et Park geun-Hye en Corée du sud, dont l’exercice du pouvoir a été marqué par une corruption massive ?

Il semble juste de dire que ces femmes n'ont pas fait pire, mais pas mieux non plus, que leurs homologues de l'autre sexe. Parcequ'en réalité, le genre ne qualifie d’aucune façon une personne à devenir un leader inspirant et éclairé.

Cependant, j’observe que lorsqu’un leader déploie des qualités féminines d’écoute, de sensibilité tout en tant développant une vision à long terme plutôt qu’une logique de pouvoir immédiat, et qu’il adopte :

  • Une capacité à s'entourer de talentset à écouter
  • Une résistance à la violence gratuitecomme outil politique
  • Un souci du bien communqui dépasse les intérêts dynastiques ou partisans

Alors ce leader, homme ou femme, exerce le pouvoir avec cœur et conscience et construit une légitimité réelle par les actes.

Certaines femmes ont incarné cette façon d’exercer le pouvoir et en cela elles furent des pionnières.

En cette période particulièrement chaotique, citons pour inspiration:

Hatchepsout  qui fut l'une des pharaons les plus prospères de l'histoire égyptienne. Elle privilégia le commerce plutôt que la guerre, lança de grands chantiers architecturaux et son règne fut une période de paix et d'abondance.

Aliénor d'Aquitaine, femme politique d'exception, fut reine de France puis d'Angleterre. Grande mécène des arts et de la littérature, elle favorisa l'essor culturel de son époque et sut négocier avec habileté dans un monde dominé par les hommes.

Élisabeth 1ère  transforma l'Angleterre en puissance mondiale. Son règne fut un âge d'or littéraire, scientifique et maritime. Elle gouverna avec pragmatisme, évitant les guerres de religion qui ravageaient l'Europe continentale, et sut s'entourer des meilleurs conseillers.

Nzinga du Ndongo, reine angolaise, résista brillamment à la colonisation portugaise pendant des décennies. Diplomate hors pair, elle négocia des traités, forma des alliances stratégiques et protégea son peuple avec une intelligence politique remarquable.

Marie-Thérèse d'Autriche modernisa profondément l'Empire des Habsbourg : réforme de l'administration, création d'un système scolaire public, amélioration des conditions paysannes. Mère de 16 enfants, elle dirigea simultanément un empire en guerre avec une efficacité remarquable.

Sirimavo Bandaranaike , première femme Premier ministre élue au monde,  modernisa le Sri Lanka, nationalisa des secteurs clés de l'économie et œuvra pour l'éducation et la santé publique.

Wangari Maathai, première femme africaine Prix Nobel de la Paix, la kenyane fonda le Mouvement de la Ceinture verte, qui planta plus de 51 millions d'arbres en Afrique, liant écologie, droits des femmes et démocratie dans une vision globale pionnière.

Jacinda Ardern  dont le leadership lors des attentats de Christchurch fut salué mondialement, incarna un style de gouvernance fondé sur  l’empathie, la compassion et la transparence.

Ellen Johnson Sirleaf , première femme présidente d'Afrique et  prix Nobel de la Paix, reconstruisit le Liberia après une guerre civile dévastatrice, luttant contre la corruption et restaurant les institutions démocratiques.

Il est intéressant de noter que la plupart de ces femmes ont mis leur focus politique sur le développement de l’éducation, de la santé et des arts, ce qui a permis un véritable essor des sociétés qu’elles dirigeaient.

Autant de domaines largement négligés quand les dirigeants cèdent aux sirènes des investissements nécessaires pour assouvir les pulsions conquérantes et agressives de la guerre.

Pour conclure, il paraît évident que l’exercice du pouvoir éclairé n’est pas le monopole des femmes.

Il existe des hommes qui ont montré le chemin de la paix et de la réconciliation pour bâtir de nouveaux modèles.

Mais les femmes, lorsqu’elles embrassent leur puissance féminine, sont par essence créatrices.

Ainsi les femmes leaders  ont un rôle spécifique à jouer car elles ont en elles la puissance et la responsabilité d’enfanter un monde plus conscient.

Il en faudra beaucoup et dans toutes les cultures pour qu’un monde différent puisse émerger, ce qui au jour où j’écris ces lignes, peut paraître utopique.

Mais pour réaliser de grandes choses et qu’un monde de paix puisse naître, il faut d’abord le rêver et le penser.

C’est la raison pour laquelle nous avons collectivement besoin que des femmes éclairées deviennent les leaders de demain.

Et c'est ma plus grande joie de les accompagner sur ce chemin. 

 

Photo de Jupiter, prise par la Nasa

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